![]() |
Résumé du livre " 1984 " de George Orwell et analyse
Généralités 1984 (titre original : Nineteen Eighty-Four) est un célèbre roman de George Orwell, écrit en 1948, décrivant une Grande-Bretagne postérieure à une guerre nucléaire Est-Ouest censée avoir eu lieu dans les années 1950, et où s'est instauré un régime de type totalitaire fortement inspiré à la fois du stalinisme et de certains éléments du nazisme. La liberté d'expression n’existe plus. Toutes les pensées sont minutieusement surveillées, et d’immenses affiches trônent dans les rues, indiquant à tous que « Big Brother vous regarde » (« Big Brother is watching you »). Le roman devait s'appeler à l'origine The Last Man in Europe, ou encore 1949, l'année de parution, mais Orwell se vit opposer un refus de son éditeur. Résumé du livre Winston Smith, habitant de Londres en Océania, est chargé de réécrire l'Histoire dans le cadre de son travail au Ministère de la Vérité. Il prend conscience qu'il n'a pas de pensées si orthodoxes qu’il devrait en avoir aux yeux du Parti. Susceptible d'être traqué par la Police de la Pensée, il cache ses hérésies et sa haine du Parti derrière un visage de marbre, mais implose intérieurement de révolte. Il commence à écrire un journal : il veut laisser une trace du passé et de la vérité, et comprendre le pourquoi de cette dictature. Il tombe amoureux de Julia, une jeune femme du commissariat aux romans, membre de la ligue anti-sexe. Ils s’aiment et font l’amour clandestinement dans une mansarde louée dans le quartier des prolétaires. Ils savent qu’ils seront condamnés, que tôt ou tard ils devront payer le prix de tous ces crimes envers le parti. Ils rêvent cependant d’un soulèvement, d’une résistance ; ils croient au mythe d’une incertaine fraternité qui existerait quelque part et unirait les gens comme eux contre le Parti. C’est pourquoi ils finissent par aller à la rencontre d’O’Brien, personnage intelligent et charismatique, membre du Parti intérieur dont Winston a l’intime conviction qu’il est un partisan de la fraternité. O’Brien leur fera parvenir « Le Livre » de Goldstein, l’ennemi du peuple et du Parti, objet de la haine et de la peur la plus intense en Océania. Il y est expliqué tous les tenants et les aboutissants des systèmes politiques et des manipulations psychologiques mis en place en Océania. Avant la fin de leur lecture, ils seront arrêtés par la Police de la Pensée, amenés au Ministère de l’Amour où ils seront torturés pendant des jours, des mois, peut-être des années, jusqu'à ce qu’ils oublient et renient leur amour, leur convictions, leur vérité, et qu’ils vouent un amour béat à Big Brother en attendant la mort. Contexte 1984 s'inspire d'un ouvrage de l'écrivain russe Evgeni Zamiatine intitulé Nous Autres et paru en 1920, lui aussi description d'une contre-utopie totalitaire. Parabole du despotisme moderne, conte philosophique sur le pire 20ème siècle, si le totalitarisme orwellien opère de francs emprunts au nazisme et au fascisme, il est néanmoins, avec son Parti unique, son régime d'assemblée, sa confusion des pouvoirs, ses plans de productions triennaux, son militarisme de patronage, ses parades et manifestations « spontanées », ses files d'attentes, ses slogans, ses camps de rééducation, ses confessions publiques « à la moscovite » et ses affiches géantes, très clairement inspiré du système soviétique. Subsidiairement, censé être une dégénérescence totalitaire d'un certain « socialisme anglais » (« angsoc »), on a voulu parfois n'y voir qu'une satire au vitriol (voire un procès d'intention excessif) contre la Grande-Bretagne travailliste de Clement Attlee (1945) et son ambitieux programme de nationalisation (acier, charbon, chemins de fer, banque l'Angleterre, etc.) dans un pays ruiné par la guerre. Homme de gauche d'une absolue sincérité, Orwell était un socialiste « de terrain » qui se méfiait d'une certaine « gauche » (cruellement raillée dans un de ses premiers romans : Et vive l'aspidistra !, à travers le personnage ridicule de Ravelston) et de son éloignement de la réalité sociale et matérielle du monde ouvrier. Orwell détestait en outre les communistes, a fortiori « de salon », et méprisait par exemple Jean-Paul Sartre. La misère matérielle restait pour lui la misère matérielle, que le « Parti » soit au pouvoir ou que ce soient les « capitalistes ». Il n'y a aucun doute donc, contrairement à ce que l'on croit parfois, sur ses convictions socialistes très profondes, ou du moins « social-démocrates ». Méfiant à l'égard d'une certaine gauche, Orwell acceptait en outre mal d'être récupéré par la « droite », ce qui a été surtout le fait de l'accueil nord-américain de 1984. Certaines invraisemblances évidentes de 1984, elles aussi, sont un reflet des inquiétudes d'Orwell : dans le roman, les États-Unis sont censés faire eux aussi partie de l'Océania (qui regroupe en fait les pays anglo-saxons - voir carte). Orwell voyait dans les États-Unis, un peu à la manière des « temps modernes » de Chaplin, la quintessence du monde moderne technomaniaque qui est aussi l'un des avertissements de 1984. Par ailleurs, la thèse qu'Orwell expose à travers le manifeste du traître Emmanuel Goldstein (Du collectivisme oligarchique) suppose que le pouvoir peut employer la misère à des fins politiques : Goldstein attribue les pénuries sévissant sous l'« angsoc » à une stratégie délibérée du pouvoir plutôt qu'à un échec économique. Avant 1984, Orwell était déjà un écrivain de gauche connu pour ses enquêtes sur les foyers ouvriers misérables dans le Yorkshire ou les chômeurs de Middlesbrough (La Jetée de Wigan). Sa méfiance envers la « gauche morale » satisfaite, qu'il soupçonne déjà (à travers le conférencier « anti-Hitler » ridicule de Encore un peu d'air frais) dès 1938, de faire le lit du totalitarisme, était au moins égal à son mépris pour la droite conservatrice. Toutes les personnes qui ont vécu sous un régime stalinien, comme l'ancien dissident Alexandre Zinoviev, s'accordent pour saluer l'intuition des mécanismes politiques et psychologiques de ce type de régime dont fait preuve Orwell. Les Thèmes abordés par le livre Trucage de l’Histoire et propagande Culte de Staline, référence principale de Big Brother. Parti a la mainmise sur les archives et fait accepter sa propre vérité historique en la truquant ; il pratique la désinformation et le lavage de cerveau pour asseoir le régime. Il fait aussi disparaître des personnes qui lui deviennent trop encombrantes et modifie leur passé, ou les fait passer, faux témoignages des intéressés à l'appui, pour des traîtres, des espions ou des saboteurs. C'est le principe de la « mutabilité du passé ». « Qui détient le passé détient l’avenir. » Une réelle question philosophique apparaît derrière l'action du Parti : la théorie du Parti est que le passé n'existe pas en soi. Il n'est qu'un souvenir dans les esprits humains. Le monde n'existe qu'à travers la pensée humaine et n'a pas de réalité absolue. Ainsi, si Winston est le seul homme à se souvenir que l'Océania a été une semaine plus tôt en guerre contre l'Eurasia et non contre l'Estasia, c'est lui qui est fou et non les autres. Pourtant le fait est réel, mais seulement dans la mémoire de Winston. Télécrans Au domicile et sur les lieux de travail des membres du Parti, ainsi que dans les lieux publics, sont disposés des « télécrans », système de vidéo-surveillance et de télévision qui diffusent en permanence les messages du Parti. Les télécrans permettent à la police de la Pensée d’entendre et de voir ce qui se fait dans chaque pièce où s'en trouve un. Destruction du sens logique Le « sens logique » des assujettis au régime est altéré. En novlangue, par exemple, un même mot comme « canelangue » peut avoir un sens laudatif s’il est appliqué à un membre du parti ou péjoratif s’il est appliqué à un ennemi du Parti. Il devient donc impossible de l'utiliser pour dire du mal d'un membre du Parti. La population est abreuvée de slogans comme :
Bouc émissaire et manifestations de haine collective L’ensemble des maux qui frappent la société est attribué à un opposant, le « Traître Emmanuel Goldstein », dont le nom et la description physique ressemblent beaucoup à Lev Bronstein alias Léon Trotsky. Ce traître est l'objet de séances d'hystérie collective obligatoires, les « deux minutes de la haine ». Appauvrissement planifié de la langue Le novlangue fait l’objet d’appauvrissements planifiés dont le but est de rendre impossible l’expression et la formulation de pensées subversives. À l’époque où est censé se passer le roman, le novlangue constitue encore une nouveauté, qui coexiste tant bien que mal avec l’anglais classique. Embrigadement des enfants Pour avoir plein pouvoir sur les familles, les enfants sont très jeunes endoctrinés. On les encourage à dénoncer leurs parents au moindre symptôme de « manque d'orthodoxie ». On pourrait rapprocher ce comportement avec celui des enfants durant le fascisme italien ou encore avec Staline, qui récompensait ces jeunes qui dénonçaient leurs parents, et avait fondé un véritable culte national autour du jeune mouchard Pavel Morozov.
Copyright : Ce
texte est disponible sous les termes de la
licence de documentation libre GNU (GFDL). Vous avez en votre possession des fiches de lecture avec des résumés détaillés d'oeuvres, ou des résumés détaillés seuls ? Envoyez-les nous à cette adresse: objectifmoney@hotmail.fr et gagnez 10 euros par Paypal !
|
|
Sommaire |
|
|
|
LesEtudes.com ® Copyright - Tous droits réservés. Toute reproduction complète ou partielle du site est formellement interdite.